chemindevie.be
page d'accueil
chemindevie@skynet.be

Nos grands dossiers
Aimer
Amitié
Aimer autrement
Amour et Fécondité
L'avortement? Non
Mourir dans la dignité
Bioéthique
Une sexualité catholique?

Joël PHILLIPON, "L'homme, un être de chair", http://coeur.coeur.free.fr
Joël PHILLIPON, "Points de vue", http://coeur.coeur.free.fr/saimer.php3
(extraites choisis)

L'homme, un être de chair

Malgré son intelligence, son orgueil et toutes ses prétentions plus ou moins légitimes, l'homme est et demeure, en amour, le mâle en relation avec la femelle.
L'amour consiste précisément à passer de l'Eros à l'Agapè ou à intégrer l'Eros à l'Agape : de l'autre pour moi à l'autre pour l'autre.

Avant toute réflexion, l'homme, livré à lui-même, est attiré d 'abord par les organes sexuels de la femme : ses lèvres, ses seins, ses cuisses... il imagine le reste.
La femme, en revanche, n'est pas attirée, d'abord, par tel ou tel aspect ou organe du corps de l'homme, mais par sa totalité. Beaucoup de jeunes femmes trouvent même repoussant l'organe mâle en érection - les hommes doivent le savoir -; sans préparation, sans éducation, il peut en résulter, pour la femme, une cause de frigidité.
L'approche de l'homme est spécifique et dirigée. L'approche de la femme est globalisante.

D'une certaine manière, l'être humain est ce qu'est son sexe.
L'homme a des organes sexuels extérieurs à lui-même; la femme a ses organes sexuels principaux intérieurs à son corps.
L'homme est un être plutôt extérieur à lui-même, il a tendance à vivre à la périphérie de lui-même, la femme est, par nature, intérieure à elle-même.
L'homme envisage la sexualité comme une fonction, la femme la perçoit comme un don d'elle-même, lié au don de la vie.
L'homme recherche la jouissance immédiate, la femme est sensible à la tendresse de la présence.
L'homme n'a pas de temps à perdre, la femme prend le temps de se préparer.
L'homme est volontiers dominateur, la femme, si elle est consentante, est totale intériorité.
L'homme et la femme ne sont pas symétriques dans leurs approches de l'amour : ils ont à faire l'effort, a priori, de s'écouter pour s'accorder. L'homme doit s'attacher à découvrir le rythme intérieur de sa femme, ce dont elle lui saura toujours gré !

La chasteté des fiancés

 

"La chasteté est une médiation nécessaire de tout amour humain : elle fait honneur à l'être humain, elle le rend capable d'un amour vrai, désintéressé, généreux et respectueux d'autrui".
("Amour et sexualité aujourd'hui", Lettre pastorale du Cardinal Suenens, 1976)

"L'éducation à la chasteté est un moment que rien ne peut remplacer".
(Jean-Paul II, 14/3/1988)

Accéder à une certaine maîtrise de soi pour se donner totalement à l'autre exige, dès le point de départ :
- un renoncement aux relations sexuelles, c'est-à-dire à l'intromission réelle des sexes;
- l'imaginaire peut également prendre le pas sur le réel, et l'homme et la femme obtenir un orgasme hors du sexe de la femme (masturbation réciproque de l'un par l'autre); ceci nuit à l'apprentissage de la patience et de l'attente. Le renoncement joyeux :
- libère la sexualité de l'autre;
- conduit au don;
- apprend la patience;
- parfait la qualité de l'engagement;
- apporte plénitude et joie;
- fait rayonner l'amour.

La chasteté oriente le coeur vers le bien de l'autre et rend plus intense la joie intime de sa présence.
Le don réciproque, dans le dialogue coeur à coeur, ou des caresses dans la nudité, doit se situer en-deçà du seuil d'excitation irréversible menant à l'orgasme : c'est une question de prudence, qui exige une grande qualité et une grande pureté de coeur.

En renonçant à être pénétrée sexuellement, la femme amène l'homme à élever son regard intérieur du niveau génital au niveau cordial.
Le plus grand service qu'elle puisse lui rendre est de lui faire comprendre charnellement et spirituellement (et non pas seulement cérébralement) qu'il n'y a pas que le dialogue sexuel dans le dialogue d'amour, ou que le dialogue sexuel, dans le meilleur des cas, n'est qu'un aspect du dialogue d'amour.
Ainsi, elle contribue à éveiller, à éduquer en lui des espaces nouveaux de tendresse : ce dont il se montre profondément troublé, et ce dont il a besoin, au fond.
Elle l'invite à dépasser le "fonctionnel" pour percevoir, au-delà de la jouissance immédiate sensuelle, une zone d'amour encore plus grand, et toujours susceptible de grandir, jusqu'à trouver presque naturellement son accès au don de la vie - en fait, sa vraie finalité.

Lui, pour sa part, doit amener la femme, cet être au désir charnel relativement indifférencié, de la recherche insatiable de tendresse au don sexuel de son corps.

Cette phase "pré-conjugale" permet de constituer le couple, surtout s'il est accompagné par le dialogue qui apaise et nivelle le désir. La sublimation du désir pulsionnel en tendresse est le plus beau cadeau de la chasteté des fiançailles au futur couple. Il conditionne la préparation de la "symphonie des coeurs".

  "Il y a un apprentissage du don désintéressé de soi, dans la limpidité et la simplicité, qui se fait durant toute l'adolescence et la jeunesse, et sans lequel le mariage serait une faillite, un égoïsme à deux.
Il y a un apprentissage du respect de l'autre, de son intériorité, de toute sa personne dont le corps est l'expression.
Il y a une préparation aux responsabilités que vous porterez ensemble pour le don de la vie et l'éducation des enfants, pour le service de la société.
Ne confondez pas l'expérience prématurée de la jouissance avec le don de soi dans l'amour lucidement consenti pour toujours
".
(Rencontre de Jean-Paul II avec les jeunes au stade de Gerland, Lyon, 5/10/1986)"

 

La chasteté. Ce que disent les fiancés

Le choix de vie se précise (mariage ou non), la quête de tendresse devient plus impérieuse, l'attirance physique ne fait plus de doute, les fiancés en arrivent, simplement et comme naturellement, aux relations sexuelles proprement dites.

Par "relations sexuelles", il faut préciser : intromission ou pénétration du sexe de l'homme dans le sexe de la femme.

Certains n'ont pas, de propos délibéré ou tout simplement parce qu'ils ne s'y sentent pas préparés, de relations sexuelles avant le mariage : ce qui révèle a priori, alors qu'ils vivent dans le monde d'aujourd'hui, de grandes qualités morales; la virginité du coeur et du corps (se garder intégralement pour se donner au seul être aimé) leur apparaît comme un prélude nécessaire à la vie d'amour.
D'autre, beaucoup plus nombreux, ont des relations sexuelles avant le mariage.
Dans tous les cas rencontrés, les fiancés ne sont pas très à l'aise sur ce sujet : ils en parlent par allusions, périphrases..., considérant que ce domaine est strictement le leur, celui de leur couple, et personne n'a à y redire ! Leur intimité leur appartient, c'est le lieu où s'ébauche, dans le secret, leur dialogue d'amour.

A l'époque où l'on s'affranchit volontiers des conventions du passé, où l'on revendique facilement une certaine "libération", on s'aperçoit que le sujet des relations sexuelles, même abordé en dehors de tout contexte moral, voire moralisant [...] reste marqué par une très grande peur.
C'est souvent le fiancé, dans son rôle naissant de protecteur du foyer, qui les justifie comme normales et licites :
- c'était nécessaire pour se connaître;
- il valait mieux "faire l'essai" pour voir si nous étions capables de nous aimer;
- puisque nous sommes déjà défintivement choisis, qu'est-ce que cela peut faire? nous sommes assez grands pour savoir ce que nous devons faire, nous obéissons à notre conscience;
- nous sommes déjà parvenus à l'amour complet et irréversible du mariage (dans le cas où le mariage est différé pour des raisons étrangères à la volonté des fiancés : études à finir, service national, raisons familiales)".

 

La chasteté. Ce que dit l'Eglise

Les fiancés, qui parlent avec sincérité, disent :
- chercher à se trouver pleinement;
- être sûrs d'être faits l'un pour l'autre, même charnellement;
- avoir peur que la non-réussite sur ce plan gâche toute leur vie;
- rechercher, d'abord et uniquement, la jouissance sexuelle immédiate et non la transmission de la vie, pour laquelle, d'ailleurs, ils ne se sentent pas encore prêts; ils recourent le plus souvent à la pilule anti-conceptionnelle.
[...]

L'Eglise, unanime, condamne les relations sexuelles (au sens strict du terme, c'est-à-dire l'intromission du sexe de l'homme dans le sexe de la femme) avant le mariage, comme étant une faute grave au regard de la foi chrétienne et de l'amour humain.

[....]

Pourquoi l'Eglise ne souhaite-t-elle pas que les fiancés aient des relations sexuelles avant le mariage?

Les fiançailles sont un temps de préparation à l'amour. Le mariage est un temps d'achèvement de l'amour. L'Eglise dit : ne confondez pas préparation et achèvement. Ce sont deux temps psychologiques différents, qui ont chacun leurs exigences et leurs joies propres; ne les superposez pas : quand on est fiancé, on n'est pas marié.

Parce qu'elle prône la maîtrise sexuelle, y compris dans le mariage.

La maîtrise sexuelle du couple est ce qui distingue l'homme de l'animal. Faire effort pour y accéder est une nécessité, sans laquelle l'homme ne peut accueillir sa propre dignité.
Elle consiste à faire intervenir dans l'exercice irrationnel des pulsions sexuelles, une connaissance, c'est-à-dire un élément rationnel, voire scientifique : déterminer les périodes de fécondité et de non-fécondité [cf. les méthodes naturelles].
De plus, elle n'est pas seulement relative à la fécondité mais au respect mutuel, dans la recherche commune d'une harmonie de relations.

L'homme est vraiment libéré :
- non pas lorsqu'il est assujetti à ses propres pulsions sexuelles,
- mais lorsqu'il maîtrise ses propres pulsions, avec l'intelligence de sa raison et de son coeur, et avec l'aide de la science.

Quant à la jeune femme - en constraste avec le jeune homme -, elle n'est pas d'abord un être "génital"; son appel le plus profond et le plus intime est un appel charnel à la tendresse. Avant qu'elle consente à être pénétrée sexuellement, il lui faut franchir, dans le dialogue d'amour, bien des étapes; elle doit passer peu à peu, sous l'effet de la tendresse, d'un désir total, impérieux mais flou, à une ouverture sexuelle.
Fiancée, si elle accepte des relations sexuelles, c'est parce que son fiancé l'a convaincue que c'était là une preuve d'amour; ce qui est faux.
[...]

La maturité dans les relations d'amour vient [...] non pas lorsque l'homme propose à la femme de la pénétrer sexuellement, mais lorsque la femme consent à être pénétrée sexuellement, ouvrant ainsi, dans le paroxysme de la tendresse, l'espace intérieur de sa génitalité.
[...]

Lorsque le don des corps précède le don des coeurs, il y a parfois une perte de liberté. Je me suis rendu esclave de ma pulsion et ne suis donc plus capable de discerner en conscience la réalité de l'autre. Parfois il devient alors sage de se séparer pour un temps, pour reprendre ce minimum de distance qui permettra une libération du lien, ne serait-ce que pour réaffirmer la réalité du choix. Ceci est d'autant plus important que le choix, la décision de se marier ne peut se faire qu'avec une certaine dose de raison et de volonté, donc indépendamment du désir et de la passion.
[...]

Le Synode diocésain de Suisse romande (janvier 1975) rappelle aux fiancés
:
- que sans avoir de relations sexuelles pré-conjugales, on peut vivre authentiquement l'amour en vue du mariage et témoigner d'une réelle communauté de vie dans sa progression et de fécondité spirituelle;
- que l'acte sexuel n'est pas en soi une preuve d'amour, tant qu'il n'implique pas un don mutuel de toute la personne, "le corps devenant une partie du coeur". En aucun cas, il ne doit être un chantage au mariage, même dans le cas d'une grossesse;
- que leur engagement actuel demande de grandir vers une fidélité totale et irréversible;
- que la vie commune qu'ils ébauchent doit tendre au dialogue, permettant une connaissance mutuelle, un partage des joies et des difficultés, et l'ouverture aux autres.