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Elisabeth BOURGOIS
La bioéthique pour tous, Sarment, Paris, 2001, p. 190

Le caractère humain de l'embryon

Le développement biologique de l'embryon se fait de manière ininterrompue et s'accomplit sans mutation qualitative intrinsèque, sans avoir besoin d'aucune intervention.
Il faut donc reconnaître que la nouvelle entité constitue un nouvel individu humain qui, depuis le moment même de la conception, poursuit son cycle ou plutôt sa courbe vitale.

Même lorsque la figure humaine n'est pas encore reconnaissable, des centaines de milliers de cellules musculaires font déjà battre un coeur primitir, des dizaines de millions de cellules nerveuses s'assemblent en circuits et se disposent à former le système nerveux d'une personne déterminée.
La distinction entre "être humain" et "être humanisé", par l'apparition de la figure humaine, n'a pas de consistance. Le dynamisme biologique d'un embryon humain est totalement différent de celui d'un végétal ou d'un animal. Dès la fusion des gamètes parternelle et maternelle, l'embryon ne subit aucune discontinuité dans son développeement et il est déjà l'individu qu'il sera.

Divers concepts scientifiques s'affrontent pour déterminer l'apparition de la vie humaine : il y en a qui estiment que les gamètes ont le caractère d'individus, d'autres que le nouveau génome naît 21 heures à 22 heures après la fécondation, d'autres encore que l'embryon ne peut être reconnu comme humain que lorsqu'il a la possibilité de la nidation entre le 6e et le 9e jour, car il est subordonné à la vie de l'adulte. Certains pensent que la vie humaine débute au début de la vie cérébrale, pour s'arrêter à la mort cérébrale ou encore que l'âme humaine ne peut être présente en un corps que dans la mesure où les sens, le système nerveux, le cerveau et le cortex cérébral sont fonctionnels. Selon eux, l'activité cérébrale permettrait donc la différenciation entre la vie embryonnaire cellulaire et l'individu humain.
Mais il faut savoir aussi que la détermination orientative du projet humain est tellement forte que la gémellarité n'est possible chez l'homme que jusqu'à la fin de la deuxième semaine au maximum.

Ces différents points de vue sont importants vis-à-vis des embryons que l'on produit in virto, et qui, n'étant pas implantés, reçoivent la dénomination de la "personnalité potentienne" et non pas de "personnalité avec un développement portentil".
Dans ce cas, on ne considère pas les embryons comme des êtres humains, ce qui fait qu'on peut les utiliser dans toutes sortes d'expériences, les supprimer ou les choisir selon leurs caractères génétiques, etc.