Carine BROCHIER
Courrier des lecteurs de La libre Belgique, 22 juin 2006
PMA - Aide ou assistanat?
La proposition de loi encadrant les pratiques de procréation médicalement assistée (PMA) vient d'être votée au Sénat, sans qu'il y ait eu vraiment de débat sur le fond.
Le citoyen devrait s'y intéresser, car l'impact d'une telle loi est non négligeable.
Tout d'abord, elle fait de la Belgique le pays de "presque tous les possibles" en cette matière : homme, femme, jeunes et moins jeunes, couple ou non, pourront recourir aux différentes techniques possibles pour combler leur désir d'enfant.
Mais il y a plus.
S'est-on déjà interrogé sur les coûts pour la société de la PMA?
Un coût humain
Le couple sans enfant est prêt à endurer beaucoup d'épruves et à se laisser guider docilement par les médecins pour combler leur désir d'enfant. La procréation médicalement assistée (PMA) est un parcours douloureux, imposant au couple certaines techniques "artificielle" que beaucoup qualifient même parfois d'inhumaines.
L'échec d'une terntative est lourd à supporter et plus particulièrement pour la femme qui ressent cela en son propre corps. La culpabilité de l'un ou des deux conjoints met parfois à mal les relations entre eux.
Ces 20 ovules prélevés, dont 10 seront fécondés in vitro, donneront lieu à une seule naissance. Les chiffres officiels parlent de 20 pc de chance de réussite. On peut se poser alors la question de savoir s'il convient de soutenir une médecine procréatrice aujourd'hui présentée comme la solution à beaucoup de problèmes de stérilités, et qui affiche un taux d'échec de 80 pc.
Sans oublier de souligner les conséquences sur la santé de la femme, suite à la stimulation hromonale, et sur les relations au sein du couple.
C'est sans doute à dessein que le législateur a insisté sur la possibiloité pour la femme de recourir à un accompagnement psychologique sérieux.
Un coût pour le budget de la Sécurité sociale
Ce coût humain n'est pas le seul. Tenant compte du taux d'échec cité ci-dessus, on esptime aujourd'hui qu'une naissance résultant d'une FIV coûte plus ou moins 16.000 euros à la Sécurité sociale. Or, il y a environ 3.000 naissances de ce type par an en Belgique. Ce qui revient à dire qu'un budget de 48 millions d'euros y est consacré chaque année, réparti engtre les quelque 10 centres de PMA de Belgique.
Par la loi qui vient d'être votée au Sénat, il est à craindre que ces chiffres ne feront qu'augmenter. Ils arriverons peut-être au niveau du budget consacré aux soins palliatifs, c'est-à-dire 74 millions d'euros.
Procréation médicalement assistée ou soins palliatifs? Faudra-t-il choisir?
An. H.
La Libre Belgique du 16 mars 2007
Un cadre légal pour les PMA
La Chambre a adopté jeudi soir le texte de loi (déposé initiatlement par des sénateurs MR, PS, SP.A, VLD et Ecolo) encadrant les techniques de procréation médicalement assistée (PMA), que ce soit pour des couples (hétéros ou lesbiens) ou des femmes seules. Le projet donne un cadre légal aux pratiques déjà existantes (fécondation in vitro et insémination artificielle) et balise la destination des embryons surnuméraires. Il interdit les pratiques eugéniques et commerciales. Comme lors du vote au Sénat, CDH et CD&V ont annoncé leur abstention. Favorable à l'adoption d'une législation qui encadre les PMA et d'accord avec certaines dispositions du projet (interdiction de toute commercialisation...), le CDH estime que le projet va trop loin quand il autorise l'implation post mortem d'embryons surnuméraires et l'insémination post mortem de gamètes surnuméraires. Une telle démarche pourrait, dans certains cas, constituer non une démarche de désir à l'égard de l'enfant, mais une manière de résoudre un deuil ou de combler un manque, dit-on au CDH. On exprime les mêmes craintes du côté CD&V.
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