Un ami n'est pas simplement
quelqu'un que je trouve sympa
Tout le monde a des camarades, sympathiques ou pas.
Tout le monde n'a pas un ami.
L'amitié n'est ni la sympathie, ni la camaraderie.
Le mot "sympathie" est d'origine grecque.
Il se compose de "syn" : avec, ensemble, et de "pathein" : éprouver.
Littéralement, la sympathie signifie "éprouver ensemble".
La composition du mot indique deux éléments faisant partie de la sympathie, à savoir une certaine communion et une certaine passivité.
La passivité : là est toute la différence entre la sympathie et l'amitié, l'amitier.
Quelqu'un est entré dans ton orbite et tu "sens" sa personnalité que tu trouves sympathique. Et lui aussi te trouve sympathique.
La sympathie a ainsi le pouvoir de rapprocher les gens : vous sympathisez.
Mais elle est trop passive pour pouvoir être appelée "amitié".
La sympathie est quelque chose qui se passe entre toi et lui, quelque chose qui n'est pas ton oeuvre, mais que tu expérimentes. Tu le trouves sympa, voilà.
Si la sympathie n'est pas l'amitié, elle est cependant souvent le premier rapprochement entre deux personnes.
Mais pour que la sympathie se transforme en amitié (ou en amour), il faut passer de la passivité à l'activité, du sentiment simplement éprouvé à l'action volontaire.
La sympathie est en effet un sentiment purement subjectif dans lequel la volonté ne joue quasi aucun rôle. Tout au plus, elle consent au fait de la sympathie et à son orientation.
L'amour est par contre toujours un engagement : je te veux du bien.
L'amour d'amitié est toujours un engagement.
"Je te veux du bien comme j'en veux pour moi", telle pourrait être la formule de l'amitié.
Le contenu et la structure de l'amitié pourraient être exprimés par cette formule : "Je te veux du bien, comme j'en veux pour moi". Il y apparaît, comme nous le voyons, la bienveillance ("je te veux du bien") et le redoublement du sujet, du "moi".
Karol Wojtyla, Amour et responsabilité
Stock, Paris, 1978, p. 83 |
C'est par ce redoublement du "moi" que s'exprime l'amitié : mon ami n'est pas simplement quelqu'un de sympathique, c'est quelqu'un pour qui je veux du bien comme j'en veux pour moi.
La faiblesse de la sympathie découle de son manque d'objectivité.
Mais de là vient également sa grande force subjective qui donne à l'amour des personnes sa subjective expressivité. [...]
Ce n'est que la sympathie qui a le pouvoir de rapprocher les gens d'une manière sensible.
Karol Wojtyla, Amour et responsabilité
Stock, Paris, 1978, p. 81 |
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