L'homosexualité consiste dans la conduite sexuelle résultant d'une attirance érotique préférentielle, et parfois même exclusive, à l'égard des personnes du même sexe.
Vrais et faux homosexuels
Il faut distinguer les vrais homosexuels des faux.
L'homosexuel vrai éprouve un attrait sexuel durable et le plus souvent irréversible envers des personnes de même sexe, attrait s'accompagnant d'une certaine indifférence érotique relativement aux personnes du sexe opposé.
Le faux homosexuel n'adopte une conduite homosexuelle qu'à titre transitoire, par exemple durant une phase de l'adolescence ou bien à l'occasion d'une vie d'internat prolongé et très fermée avec des individus du même sexe.
Ne pas confondre tendance et pratique
Ne t'imagine donc pas trop vite que tu "es" homosexuel parce que tu éprouves éventuellement une relative ambivalence dans tes attraits sexuels. Il peut s'agir d'une ambiguïté liée à un stade de ton évolution et au fait que tu n'as pas encore eu l'occasion de nouer une relation affective stable.
De même, il y a un monde de différence entre une tendance que tu éprouves intérieurement et une tendance que tu satisfais dans des actes. Si tu ressens une tendance homosexuelle mais sans jamais aboutir à des pratiques homosexuelles, il y a beaucoup de chance que cette tendance ne soit pas irréversible ni très profonde. Elle sera un embarras, non un handicap grave. Par contre, si tu cèdes à une telle tendance, en soi peut-être passagère, tu risque de l'enraciner en toi et de t'enfermer dans l'homosexualité.[...]
Un amour sans altérité ni fécondité vraies
Sur le plan objectif du comportement, le jugement chrétien résolument négatif sur l'homosexualité se comprend aisément. En effet, du point de vue chrétien, l'amour charnel authentique est à l'image du rapport conjugal par lequel le Christ-Homme, représentant de la puissance paternelle de Dieu, se donne à l'Eglise-Femme afin d'y engendrer la vie nouvelle des enfants de Dieu. Il s'agit de l'union la plus intime ( "moi ent vous et vous en moi") dans la plus grande différence (le Seigneur et sa créature) en vue d'une généreuse fécondité (l'innombrable Peuple de Dieu). Or, objectivment, le comportement d'un homosexuel contredit cette structure de l'amour chrétien : il nie la diversité intérieure à l'amour, à savoir la différence des sexes, et en dénie par là même la fécondité. [...] L'homosexuel aime bien une autre personne, mais cette personne n'est pas résolument autre puisqu'elle est du même sexe et la relation engagée ne peut aboutir à ce troisième "autre" qu'est l'enfant.[...]
La tendance homosexuelle n'est pas un péché
Que dire à ceux ou celles qui, tout en étant sincèrement désireux du bien et même profondément chrétiens, découvrent en eux une tendance homosexuelle involontaire et permanente? La distinction entre la tendance et les actes est ici capitale. Un acte ou un comportement homosexuel est toujours de soi moralement grave. Mais la tendance comme telle, en tant que donnée de fait involontaire, n'a pas de portée morale et n'est pas un péché. La tendance homosexuelle est une situation anormale, souvent pénible, mais elle n'est pas, comme telle, une faute. Pour l'homosexuel, tout dépend, sur le plan moral, de l'usage libre que l'on fait de ses tendances spontanées, qu'elles soient normales ou déviantes.
Mais elle ne justifie pas le comportement sexuel
Mais peut-être insisteras-tu : l'homosexuel est "comme cela", c'est sa nature d'être ainsi; pourquoi ne pourrait-il suivre sa nature à lui? L'objection paraît très forte, et pourtant elle ne tient pas, car, en morale, tout dépend d'abord de la valeur objective du comportement, quelles que soient nos tendances. Or le comportement homosexuel est intrinsèquement négatif, et ce caractère négatif n'est pas supprimé du fait que j'ai une tendance indéracinable et involontaire à m'y livrer. Il y a des gens (les sadiques) qui ont une tendance profonde à aimer faire souffrir; d'autre (les cleptomanes, les pyromanes) à voler ou à incendier, etc. La présence de cette tendance involontaire n'empêche pas que les actes posés en la satisfaisant soient gravement répréhensibles.
Un appel à la chasteté intérieure
Mais alors, diras-tu, quelle solution concrète s'offre à celui ou à celle qui, tout en se découvrant une tendance homosexuelle, veut être fidèle à Jésus et à son alliance d'amour? A titre préalable, je répondrai tout d'abord qu'il ne sera que très rarement judicieux de recommander le mariage à un homosexuel vrai. Sauf cas de simple ambivalence sexuelle en passe d'être sumontée, ce serait conduire inévitablement le couple à des impasses. Non, la seule solution authentiquement chrétienne au problème est la chasteté intégrale. Exactement comme pour les hétérosexuels qui ne peuvent se marier. Car il y a beaucoup de chrétiens qui, pour des motifs indépendants de leur volonté, sont amenés à assumer lucidement et génreusement un célibat forcé. La tendance homosexuelle peut être l'une des raisons pour lesquelles un chrétien acceptera, par amour de Jésus, de vivre dans le célibat. Il s'agira rarement d'un célibat consacré dans la vie religieuse ou sacerdotale, à cause des risques graves qu'un tel état pourrait comporter. Mais il devra s'agir d'un authentique célibat vécu à un niveau de grande profondeur spirituelle. L'expérience montre d'ailleurs que, plus souvent qu'on ne le pense, cette attitude généreuse aboutit au déblocage et à la normalisation de la sexualité.
Concilier la charité et la vérité
Je sais que ce langage paraîtra exigenat aux non-chrétiens et même à certains chrétiens. Mais n'est-ce pas parce que nous sommes déjà intoxiqués par des slogans suggérant que l'individu a un droit absolu au bonheur sexuel? Alors qu'en fait nous pouvons et devons chercher notre bonheur intégralement humain pourvu que ce soit dans la vérité et la charité.
Si c'est vraimnt la lumière et l'amour du Seigneur que tu cherches, tu comprendras le langage de l'Eglise sur l'homosexualité. C'est le seul qui concilie à la fois la vérité sur l'homosexualité et la charité à l'égard des homosexuels.
André Léonard, Jésus et ton corps.
La morale sexuelle expliquée aux jeunes,
Collection Pâque nouvelle, Edime International,
Louvain-la-Neuve, 1998, pp. 17-21. |