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Exemples de déficiences des références
masculines ou féminines

Prenons, par exemple, la mode des "papas-poules" qui a surgi dans les années soixante-dix.
Pour se faire accepter, le père s'identifie à la mère. Il déploie des attitudes et une symbolique maternelles. Se faisant appeler parfois par son prénonm, il abandonne la fonction partenelle et se positionn comme unami ou un enfant supplémentaire sous la dépendance de la mère. Présent physiquement, il est absent psychiquement.
De ce fait, il peut empêcher l'enfant et l'adolescent de fonctionner correctement en le privant de la référence masculine dont il a besoin pour se être révélé à lui-même, conforté dans son propre sexe, édifié dans son identité sexuelle. Et, corrélativement, il a du mal à accéder à l'autre sexe.

D'autres types de déficiences des références masculines ou féminines peuvent lourdement handicaper le processus de bisexualité psychique et génrérer une orientation sexuelle en contradiction avec l'identité sexuelle du sujet.

Voici, dans un ordre précis, quelques situations concernant la jeune fille.
Certaines ont souffert de la violence d'un père dont elles cherchent à se protéger.
D'autres ont été prises comme confidentes par leur mère et ont ainsi été tenues de jouer le rôle de complémentarité du mari, absent, non aimé ou rejteté.
Certaines n'ont jamais connu leur mère, partie trop tôt ou absente. Désespérement, elles se sont mises à leur recherche.
D'autres ont pu toutes petites, dormant dans la chambre de leurs parents, être témoins de leurs relations conjugales. Ressentis comme une agression de la part du père, ces événements ont pu générer un rejet inconscient de l'homme.

En ce qui concerne le garçon, certains n'ont jamais connu leur père, ou seulement un père lointain, faible, évanescent, distant, absent.
D'autres ont souffert du fait que leur père a été méprisé par une épouse devenue dominatrice, souvent obligée d'ailleurs d'user d'autorité vu l'inconsistance relative du père.
Certains ont dû prendre des distances avec une mère possessive qui attendait d'eux ce que leur mari ne leur donnait peut-être pas. Ils réagissent contre l'élément féminin qui les a captés de façon excessive, qui les a oppressé.

Olivier Bonnewijn, Ethique sexuelle et familiale
Editions de l'Emmanuel, Paris, 2006, pp. 138-139

Ces quelques exemples montre la complexité des facteurs en cause, qui peuvent d'ailleurs se combiner en eux.
Il y en a beaucoup d'autres qui ne sont pas liés immédiatement aux parents, comme l'école, la famille au sens large, les personnes extérieures au monde immédiat de l'enfant ou du jeune.

Les traces d'un événement tragique - avoir été victime d'actes homosexuels, de pédophilie par exemple - peuvent également provoquer la fixation ou la régression d'une structure psychique à un stade incomplet de développement.
Notons par ailleurs que tout enfant ne réagit pas de la même manière et de tels événement ne conduisent pas nécessairement à des tendances ou des comportements homosexuels, loin de là.

ibid.