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La différence psychique des sexes

Ce texte d'Edith Stein illustre ce que nous disions plus haut à propos de l'analogie du sexe du corps et du sexe psychologique.

La psychologie des dernières décennies s'est beaucoup penchée sur les différences psychiques des sexes; les expériences et les statistiques ne nous ont, assurément, pas appris grand-chose de plus que l'expérience habituelle ne nous eût déjà enseigné.
Parmi les traits distinctifs que l'on a coutume de mentionner, je voudrais en mettre deux seulement en évidence, car ils revêtent une importance particulière pour la valeur spécifique.

1) L'homme est davantage axé sur ce qui est objectif, il est tout naturel pour lui d'investir toute son énergie dans un domaine d'objets (qu'il s'agisse des mathématiques ou de la technique, de l'artisanat ou d'une exploitation) et de se soumettre, ce faisant, aux lois dudit "objet".
La femme a, quant à elle, la disposible à se porter sur la sphère personnelle: cela signifie plusieurs choses. D'abord, elle aime à associder toute sa personne à ce qu'elle fait. Ensuite, elle s'intéresse particulirement à la personne vivante et concrète, c'est-à-dire tant à sa vie personnelle qu'aux autres personnes et à leurs affaires personnelles.

2) En s'assujettissant à un domaine d'objets, l'homme en arrive vite à se développer d'une manière unilatérlae.
La femme a une propension naturelle à la complétude et à l'homogénéité et ce, derechef à un double égard : ainsi, elle voudrait devenir elle-même un être complet, c'est-à-dire un être épanoui en plénitude et de part en part, et elle voudrait aider les autres à le devenir et, en tout cas, là où elle a affaire aux êtres humains, elle voudrait tenir compte de l'être humain dans sa complétude.

Edith Stein, "La valeur spécifique de la femme" (1928),
publié dans La femme, Cours et conférences, trad. M.-D. Richard,
Cerf, Editions du Carmel, Ad Solem, 2008, pp. 43-44

 

 

L’homme et la femme possèdent une nature humaine commune. Fondamentalement, la structure de l'âme est la même chez l'un et chez l'autre : l'âme est cachée dans un corps.
Tous deux disposent aussi des mêmes forces corporelles, sensibles et spirituelles.
Mais la mesure et le rapport de ces forces entre elles est spécifiquement différent entre l’homme et la femme et touche en particulier la relation entre l’âme et le corps. Elle n'est pas complètement la même chez l’un et chez l’autre. En effet, le lien au corps apparaît habituellement plus intime chez la femme :
« Le devoir d’accueillir en soi un être vivant en devenir et en croissance, de le cacher et de le nourrir, conditionne une certaine intériorité ; le processus mystérieux de la formation d’une nouvel être dans l’organisme maternel est une unité si intime de l’âme et du corps que l’on comprend que cette unité soit la marque de la nature féminine dans son ensemble »..

« Seul celui qu’une ardente passion du combat a aveuglé peut nier ce fait patent que le corps et l’âme de la femme sont formés en vue d’une fin particulière. Et la parole limpide et irréfutable de l’Ecriture exprime ce que l’expérience quotidienne enseigne depuis l’origine du monde, à savoir que la femme est destinée à être la compagne de l’homme et la mère des êtres humains. Son corps est doté des propriétés requises à cette fin, mais sa spécificité psychique est également à l’avenant. Qu’il existe une spécificité psychique, c’est derechef un fait empirique évident ; mais cela découle aussi du principe anima forma corporis : l’âme est la forme du corps, posé par saint Thomas. Là où les corps sont de nature si radicalement différents, il doit forcément aussi exister – malgré tous les traits communs à la nature humaine – un type d’âme différent »

Edith Stein, La femme, Cours et conférences, trad. M.-D. Richard,
Cerf, Editions du Carmel, Ad Solem, 2008, p. 68.