9. Le soutien psychologique
Il est primordial.
En général, les malades du sida sont jeunes. Ils voient leur vie basculer dans l'horreur du jour au lendemain, sans aucun espoir de guérison à l'heure actuelle.
Ils savent qu'ils devront, toute leur vie, prendre des traitements aux effets secondaires pénibles.
Ils vivent avec cette épée de Damoclès sur la tête sans savoir s'il leur est possible de faire encore des projets, de mener une carrière professionnelle.
Pour les jeunes femmes, il est également déconseillé d'avoir un enfant à cause du risque de transmettre le sida au bébé.
On a vu aussi plusieurs personnes sauvées in extremis dans les années 1996 grâce à l'apparition des trithérapies, devant soudain faire le deuil de leur deuil, ne sachant plus comment mener une vie qu'ils s'apprêtaient à quitter
Ils s'isolent souvent, rejetés par leur milieu familial, amical ou social mais se rejetant aussi eux-mêmes, en s'enfermant sur leur souffrance, dans un corps difficile à accepter car ayant perdu tout l'attrait de la jeunesse et de la bonne santé.
Ils supportent mal d'avoir besoin d'aide pour les tâches les plus simples quand ils souffrent d'atteintes du système nerveux.
L'aide familiale, médicale, psychologique, associative est donc essentielle pour les aider à tenir le coup dans ce combat quotidien dont ils ne peuvent sortir vainqueurs à long terme, simplement acteurs et donc combattants, de manière à influencer positivement l'évolution clinique de l'infection, même si on ne peut absolument pas parler de possible guérison aujourd'hui, ni même de l'arrivée d'un vaccin - des recherches sont en cours, mais il est probable que l'on ne trouvera rien avant une dizaine d'années à cause de la complexité de la structure des virus.
Elisabeth Bourgois, Les jeunes, le sexe et l'amour
Parole et Silence, Paris, 2003, p. 97
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