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8. Le traitement du sida

Il permet de :

- Prévenir et traiter les manifestations de la maladie par les antibiotiques, les anti-mycosiques, les anti-parasitaires et anti-viraux.
Mais le problème réside dans le fait que les personnes immuno déprimées rechutent souvent. Le traitement devient de plus en plus difficile à chaque fois.
- Soigner les cancers par chimiothérapie.
- Combattre le virus : depuis 1996, nombreuses sont les personnes malades du sida qui ont pu être soignées avec efficacité par de nombreux médicaments.
La chute de la mortalité a donc été importante dans les pays où l'on a pu bénéficier de ces traitements qui coûtent fort cher.
Ceux-ci consistent en des protocoles thérapuetiques anti-viraux (les trithérapies : association de trois antiviraux ou multithérapie), avec une adaptation au cas par cas.

Si un haut risque vient d'être pris (blessure d'une infirmière avec du sang contaminé, rupture d'un préservatif lors d'une rapport sexuel avec une personne séropositive, etc.), ce risque est évalué avec un médecin du service des urgences d'un hôpital, un traitement d'urgence est proposé immédiatement pour quarante-huit heures, dans une premier temps.
Ce traitement a d'autant plus de chance d'être efficace qu'il est pris rapidement, si possible dans les quatre premières heures pour une durée d'un mois.
S'il y a eu contamintaion, ce traitement ralentit l'infection, mais ne peut guérir du sida et la personne séropositive est devenue contaminante.

Les traitements donnés aux malades leur permettent parfois de retrouver une séronégativité, cependant le virus n'est pas totalement éradiqué et se trouve toujours dans diverses cellules : la personne est donc toujours contaminante.
Ces traitements doivent être pris à vie.

Les effets secondaires sont préoccupants.
40% des patients traités présentent des résistances aux antivirus à des degrés divers, 8% sont en échec thérapeutique.
On observe aussi des troubles importants du métabolisme des sucres et des lipides du sang, avec majoration du risque cardiaque, de la fatigue, baisse du désir sexuel, problèmes de peau, douleurs musculaires et osseuses, troubles digestifs (diarrhées, nausées, et vomissements) et une modification assez pénible du corps (gros ventre, seins qui augmentent condisérablement de volume, bosse de bison, membres très maigres et visage émacié, ce qui nécessité même pour certains, l'implantation de prothèses dans les joues), sans compter le désir impossible d'enfant (80% des femmes séropositives ont moins de quarante ans.

Les contraintes de cette thérapie sont astreignantes.
Le malade doit prendre de nombreux médicaments (plus de vingt par jour) à heures régulières et à distance des repas, y compris la nuit.
Il ne faut jamais arrêter car l'organisme devient résistant, d'où une réelle difficulté de projeter sa vie à distance.

Un traitement contre le sida coûte de 9.000 euro à 15.000 euro par ans, ce qui explique qu'il est inaccessible pour l'instant aux malades vivant dans des pays pauvres.
Certains médicaments génériques sont cependant en train d'être mis en fabrication, offrant un immense espoir de traitement aux plus défavorisés.

Aucun traitement ne peut, pour l'instant, guérir du sida puisque, à l'heure actuelle, il ne peut tuer le virus qui reste toujours présent dans l'organisme.
Une personne séropositive est donc toujours contaminante.
Tout l'enjeu d'une recherche très complexe est bien là !

Elisabeth Bourgois, Les jeunes, le sexe et l'amour
Parole et Silence, Paris, 2003, p. 95